Publi le mercredi 11 juin 2008

La procréation assistée

11 06 2008

L’Association des couples infertiles assistée par Julie Snyder demande que les frais de la procréation assistée soient entièrement couverts par la Régie de l’assurance maladie. Les arguments invoqués sont l’injustice dont sont victimes les couples infertiles, la dénatalité et les actes médicaux couverts qui limitent les naissances comme l’avortement, la vasectomie et la ligature des trompes. La procréation est-elle un droit ? Tous les contribuables doivent-ils subventionner les couples infertiles?

La vie est injuste tout le monde le sait. Julie Snyder demande que tous les couples bénéficient des mêmes avantages que lui procure sa fortune. Tant qu’à faire pourquoi ne pas demander au gouvernement de subventionner les nounous puisqu’elle a les moyens d’un payer une? Pourquoi pas une aide à l’achat d’une grande maison à Westmount pour les familles nombreuses et locataires victimes des méchants exploiteurs capitalistes comme Pierre-Karl Péladeau? Le régime de l’assurance maladie a été créé dans un souci de justice sociale pour permettre aux citoyens d’avoir accès aux soins de santé essentiels sans se ruiner. Même si l’infertilité est définie comme une maladie, je ne crois pas qu’elle relève des soins de santé essentiels qui mettent en danger l’intégrité physique d’une personne. À ma connaissance, personne ne tombe malade d’infertilité. Par contre, il peut sans doute y avoir des cas où l’équilibre du couple est en danger. Pour ceux-là il y a l’adoption. Il n’est pas nécessaire d’enfanter pour élever une famille. Ceux qui invoquent l’argument que les actes médicaux qui empêchent la procréation sont couverts par l’assurance maladie oublient que beaucoup d’entre eux sont pratiqués pour des raisons de santé. L’état paie les avortements parce qu’avant que ce soit le cas, il y avait beaucoup d’avortements pratiqués par des charlatans avec des conséquences importantes sur la santé des femmes. Un homme vasectomisé, c’est souvent une femme de moins qui prend la pilule avec les bénéfices que cela comporte. Tant qu’à la ligature des trompes je ne crois pas que les femmes acceptent de s’y soumettre sans raisons importantes.

Selon les dernières statistiques, il y a 1,700 traitements pour infertilité chaque année au Québec pour à peu près 75,000 naissances. Si tous ces traitements étaient réussis, l’impact sur le taux de natalité ne serait que de 2.2%. On est loin de la revanche des berceaux. Chaque traitement coûte de 10 à 15 milles dollars. Cela représente une dépense de 17 à 25 millions par année. Dans le contexte de restriction actuel, je pense que ces millions seraient mieux utilisés pour régler les problèmes du système de santé qui affectent l’ensemble des citoyens.

Je compatis avec les couples infertiles frustrés dans leur désir de donner naissance à un enfant. Même si l’infertilité est considérée comme une maladie, a-t-elle des conséquences sur la santé de ses victimes pour justifier l’intervention de l’état? Je ne le crois pas.